LE BEAU, LE BON, LE VRAI
Naissance d'une création : C'est l'esprit qui insuffle à l'artiste son inspiration, il dépose dans l'être une fulgurance, et l'âme (qui est le lien entre le corps et l'Esprit ), est capable de la mettre en forme, qui sera matérialisé dans la création de l'oeuvre.
Tout est reflet ici bas, la Mâyâ (l'illusion d'un monde physique que notre conscience considère comme la réalité), hors la seule realité est l'archétype divin qui est en chacun de nous.

L'univers spirituel ne peut-être matérialisé, l'art se sert de la matière afin de pouvoir éffleurer ces réalités spirituelles.
Démarche
Le beau qui a du sens, le beau qui fait du bien, le beau pour l'équilibre du monde.
Une démarche axée sur l'univers spirituel, qui est un questionnement sur la métaphysique du cosmos, au travers d'une figuration lyrique, poétique et surréaliste, ou il apparaît deux pôles picturaux opposés, un aspect ultra lisse contrasté avec un relief chaotique. Cette technique de dualité me permet d'exprimer avec plus de force, l'univers double, opposé (ombre et lumière )dans lequel on est plongé. L'ombre et la lumière sont complémentaires, ils font la perfection d'un tout, c'est l'équilibre des forces opposées, cela se nomme "Harmonie". Le shi pour les japonais, le tao pour les chinois.
L'Homme est egalement de nature double, et il appartient à la fois au monde spirituel et à l'univers d'apparences.
Certains tableaux construits comme des bas reliefs, sont à mi chemin entre la sculpture et la peinture, pour mieux suggèrer que le sujet semble sortir du support.
La création artistique est un surgissement intérieur qui viens d'une mémoire originelle, une source intarissable (Mnémosyne), surmontant la source de l'oublie (Léthé). Cet instant permet d'atteindre comme Timarque dans son voyage astral, les sphères d'Harmonies et de lumières, un spectacle enchanteur de beauté et de pureté, nourriture de l'âme.
Révelations de Plutarque dans le démon de Socrate :
Enfermé dans une grotte, il s'endort et son âme s'envole et atteint les sphères. Timarque voit un spectacle enchanteur d'harmonie et de lumière. Il baissa les yeux et vit un vaste gouffre, une sphère coupée éffrayante ou s'élevaient des gémissements, hurlements, plaintes, tumultes confus qui montaient du fond de l'abîme.
Révolution intérieure
La peinture comme un sauvetage, la peinture comme un sursaut de vie, la peinture qui fait sens. L’ âme est reliée au souffle vital, elle est le lien qui relie "l'esprit créateur et immortel" à notre corps physique ici bas. En latin le mot âme derive du mot anima, son origine est universelle, et elle se retrouve dans toutes les grandes spiritualités tirées de"la philosophie universelle" : le Bardo thodol livre tibétain, "l'Orphisme", "l'hindouisme", "le shintoïsme", le livre des morts des anciens Égyptiens, etc... Les Mythologies celtiques, grecques racontent également les péripeties spirituelles.
L'âme est cette part la plus sensible, la plus intime, la plus secrète, qui nous permet de relier intuitivement à une forme de transcendance. Indivisible, irréductible, elle est en chacun de nous et elle nous accompagne jusqu'à la fin.
Notre constitution est ternaire "corps, âme et esprit", (c'est l'esprit qui porte le corps, l'âme en est le lien qui relie le corps à l'esprit). L'esprit (animus en latin) , existe avant de prendre corps et continue à exister après.
Dans l'Hindouisme l'âme se dit "pakriti", elle atteint son but par la pratique du yoga, la prise de conscience, la connaissance et le détachement.
Plusieurs thématiques servent cette approche , la métamorphose, la renaissance, la mythologie, les chemins de vie, la fête, le carnaval ou l’hymne au printemps, les dérives de nos sociétés contemporaines dans la galerie que j’ai nommée « pop art », "au pays des merveilles" où les êtres fusionnent avec la nature, et "aletheîa" qui veut dire loin de la source de l'oubli.
"Retrouver la philosophie universelle, la vivre, c'est renoncer du même coup à toutes les horreurs suscitées par le Démiurge. C'est respecter le vivant, aimer les êtres, vouloir être sage, etc... On ne pourra vaincre le Mensonge que par la Verité de la Philosophie Universelle. On ne pourra vivre avec Sagesse et avec Amour que si on a une connaissance au moins élementaire de celle ci."
Texte tiré du livre "La philosophie universelle" de Jacqueline Berger aux editions DIDI18
Dans l’Odyssée :
« Les Immortels t'emmèneront chez le blond Rhadamanthe,
Aux champs Élyséens, qui sont tout au bout de la terre.
C'est là que la plus douce vie est offerte aux humains ;
Jamais ni neige ni grands froids ni averses non plus ;
On ne sent partout que zéphyrs dont les brises sifflantes
Montent de l'Océan pour donner la fraîcheur aux hommes. » (IV, 563-568).
Platon imagine une caverne dans lequel sont retenus prisonniers des êtres enchaînés par des jeux d'ombre, et de lumière. La lumière que l'on y perçoit est une fausse lumière, un simulacre de soleil, seul la montée de l'âme vers l'esprit par la connaissance, la prise de conscience vers la verité, pourra les delivrer, et ainsi agir avec sagesse dans ce monde d'apparence.

L’homme « moderne », l’Homme matérialiste, l'homme émancipé, rejette l’ idée même de l’ âme, la considérant comme un résidu de l’obscurantisme religieux. Cette absence d'âme, de sens de vie, finit par la tyrannie du corps, et aboutit à une sorte d'hedonisme morbide et lassant qui est un système clos.L'homme est prisonnier de ses illusions, créees par son desir, et son ignorance, autrement la "Maya", du mirage des apparences.
« Don Giovanni » ou la quête incessante du plaisir, afin de ne pas sombrer dans les méandres de son vide intérieur,
"Medusa" qui pétrifie du regard tous ceux qui tombe dans le piège de la seduction.
DON GIOVANNI MEDUSA





